Départ aux aurores le dimanche matin pour Boston. Huit heures de car, très agréables finalement car cela permet de découvrir de beaux paysages, notamment à travers le Vermont et de rencontrer des gens étonnants.
Je discute avec une femme du Gabon, qui paraît faussement avoir trente ans mais qui a des enfants étudiants, à Montréal, Boston, Aix en Provence… Elle va donc à leur rencontre à travers un long périple avant de prendre des vacances au Sénégal et au Maroc ! Ca va !!
Le passage aux douanes des USA prend un peu de temps, et c’est assez impressionnant d’avoir à justifier son séjour sur le sol de l’Oncle Sam, le contenu de ses bagages, et répondre à une éventuelle implication dans le régime nazi ou si on a l’intention de commettre des actes terroristes durant son séjour !! J'ai été tentée une seconde de blaguer, oui oui, je suis une grande terroriste en puissance mais svp laisser moi entrer, mais non en fait... Le tout dans un anglais hésitant face à un militaire antipathique et soupçonneux. En plus, pour ne pas renouveler la douloureuse expérience de mon sandwich confisqué aux douanes, j’avais englouti celui que je m’étais préparé dès que j’ai vu qu’on arrivait ! Il était a peu près 9h et cette boulimie sans appétit est très mal passée ! En plus la nourriture était, ici, autorisée mais bien sur je ne l’ai su qu’à ma dernière bouchée !
Mon passeport est en règle, je franchis donc la frontière et mets, pour la première fois de ma jeune vie, les pieds sur le territoire américain, non sans une certaine excitation. Le jour de mon anniversaire en plus, je trouve ça fun d’avoir passé mes 23 ans au Canada et aux USA !

L’arrivée à Boston me donne le vertige, à la découverte des buildings du quartier des affaires, nettement plus impressionnants que les déjà novateurs buildings de Montréal. Je me repère très difficilement, je demande mon chemin je suis en fait à trois stations de métro de mon auberge mais, assez chargée et fatiguée du transport, sans compter la bretelle de mon sac de voyage qui venait de rendre l’âme, je décide de ne pas y aller à pieds. L’arrivée dans l’auberge me comble de joie, un bel établissement, idéalement placé, propre. L’accueil est poli et sympathique, je comprends presque tout, ma chambre prévue pour six personnes est propre et je constate que pour l’instant, je suis seule.
Comme il n’était que 17 heures et que le soleil brillait, je décide de prendre une rapide douche et de partir à l’assaut du quartier sans perdre de temps, décidée à profiter de ces trois jours au maximum. Je monte en haut du plus élevé building de la ville, situé à deux rues de chez moi. 52 étages plus haut, la vue est magnifique, sous une lumière étincelante, je prends quelques photos mais ne m’attarde pas. Mon quartier, la Back Bay est très animé, plein de cafés (surtout la chaîne Starbuck présente à chaque coin de rue), de boutiques. De belles églises côtoient de beaux buildings dans lesquels elles se reflètent harmonieusement. Je me promène au feeling puis regagne l’hôtel à la tombée de la nuit, pas très rassurée seule dans une si grande ville, aussi sûre soit elle.

Je mange un hamburger à côté, très bon, avec fontaine de sodas à volonté… ce qui explique en partie des rondeurs américaines…
De retour à l’hôtel, je fais connaissance avec un jeune français, étudiant cette année à Toronto et ici pour le même séjour que moi avec une amie. Nous échangeons nos impressions sur le Canada, lui, très déçu par le non accueil des Torontais, moi enchantée par celui des québécois. Il me fait part du racisme mutuel entre québécois et canadiens, me contant que des fois, des canadiens se montrent odieux avant de réaliser qu’il n’est que français et de redevenir plus aimable. J’en prends note pour demander confirmation à mes colocataires en rentrant. Nous nous fixons rendez vous le lendemain soir pour dîner et sortir ensembles.
De retour dans ma chambre, je rencontre ma colocataire de quelques nuits, une turque dont j’ai oublié le prénom, étudiant à Vienne depuis quelques années et hésitant entre l’université de Colombia à New York et celle de Harvard, pour son master 2 en architecture… choix difficile mais prestigieux dans tous les cas !
Nous bavardions quand une troisième occupante est arrivée, très courte vêtue et l’air fatiguée. Une hollandaise… Nous nous couchons et peu de temps après avoir éteint la lumière elle se lève et rend tout son repas mais surtout ses trop nombreuses boissons alcoolisées sur le pas de la porte, coté intérieur bien sur ce qui fait que nous sommes contraintes de l’assister dans ce triste spectacle ! Après vingt bonnes minutes de supplices nous parvenons enfin à sortir de la chambre et nous retrouvons en petites tenues à l’accueil de l’hôtel sous les regards interrogateurs des noctambules encore en bas. Nous esquivons l’insistance d’une jeune homme nous proposons, l’œil brillant, de partager sa chambre et réclamons d’être relogées au plus vite. On nous propose une chambre de quatre, mieux, sans surplus. Il nous faut néanmoins regagner la chambre du drame pour récupérer nos affaires dans une hâte vitale. Cet épisode, ma soirée d’anniversaire rappelons le, se termine en fou rire dans une chambre de meilleur standing, pas si mal finalement !
Le lendemain je me lève tôt, profite du petit déjeuner offert : thé ou café, bagels, donnuts et muffins aux myrtilles, et part à l’aventure dans cette belle ville, dont les nombreux attraits vont s’offrir à moi au fil des heures. Du soleil, de beaux bâtiments, des gens très sympathiques (oui oui des américains !!) prêts à vous aider avec plaisir et curieux de savoir d’où vous venez etc… Je fais surtout le centre de la ville, les parcs, le quartier de bacon hill, le port, le quartier nord très différent, plus pauvre et délaissé mais plein de belles surprises. Je goûte à la fameuse soupe aux palourdes de la nouvelle Angleterre, très bon et nourrissante à moindre frais, avec crème et pommes de terres en dose américaine, XXL !
Un peu de shopping, beaucoup de marche, la ville s’y prête car elle est assez concentrée et donc accessible à pieds, avec un peu de courage.
Je retrouve mes français dans la soirée, nous dînons dans un bon restaurant de poissons, ou j’ai mis à peu près une heure à choisir mon plat parce qu’étant allergique à la morue (oui je suis allergique à la morue, non c’est pas banal oui c’est super marrant ahahah !!!!) j’avais du mal à trouver un plat ou il était certain qu’il n’y en avait pas !, puis nous allons au Wally’s un minuscule bar où des étudiants de la célèbre université de musique, Beckley, viennent jouer du jazz.

Jazzman du Wally's
Le mardi, le réveil est plus difficile mais je me motive et pars arpenter un autre quartier plus excentré, Cambridge, qui abrite la fameuse université Harvard. J’y vais à pieds, c’est joli mais un peu long, surtout sous une pluie battante. Le coin de Harvard est coquet, plus résidentiel. Le campus est immense, très beau mais il doit être pénible d’y être étudiant et de croiser une foule de touristes quand on passe rejoindre la salle d’examens ! Je me promène dans les couloirs, tachant de paraître une étudiante de là bas… L’ambiance est anormalement sérieuse et studieuse, les panneaux d’affichages qui contiennent les projets de soirées chez nous, sont plein de propositions de cours de yoga et de relaxation ! Le prestige à un prix (pas seulement financier mais l’inscription coûte quand même 30 000 $§) et ces années d’études ne doivent pas être amusantes, je ne regrette pas ma plus modeste formation qui m’a cependant permis de profiter de ma jeunesse et d’une vie sociale bien riche et animée !
Je mange, par hasard et donc par chance, dans le meilleur restaurant de hamburgers de la ville et du pays ! Chez Mr Beckley. Je suis sceptique… à tort, un vrai délice, rien à voir avec nos chaînes de hamburgers. Le steack est quadruple, le pain est très fin, plus comme une crêpe, et le tout cuisiné, avec sauce au miel et légume frais, fromage goûteux. Je suis très agréablement surprise et félicite mon instinct qui m’avait poussé dans ce lieu sans prétention, à la décoration américaine (Elvis, des portraits de présidents, coca cola etc…).

Je me re promène dans le quartier des affaires puis rentre attendre mes « amis » français pour une nouvelle soirée. Nous sommes rejoins par d’autres amis à eux, de Toronto aussi et nous retournons dans notre bar à jazz de la veille, enchantés par la musique et l’ambiance de ce lieu, véritable institution à Boston.
Au fait, au Canada on dit Boston et pas Bostone… c’est ridicule et super moche mais refus de l’anglicisation oblige… mais je soulève le paradoxe en rétorquant à Simon qu’ils disent bien Washingtonee comme nous et pas Wa shin ton… mais bon en tout cas c’est Boston sans l’accent !!
De retour à Montréal le mercredi afin de débuter mon stage le lendemain, je regrette de devoir quitter cette ville si paisible et pleine de beautés si précipitamment, mais je repars les yeux comblés et m’autofélicite d’être venue découvrir Boston, j’aurai vraiment manqué un beau spectacle.