Sur ce blog seront contées mes aventures au Quebec pendant trois mois, y compris mon stage de validation de masterII à l'Institut des droits de l'Homme de Lyon, qui est le but de ce voyage et qui se déroule au Bureau International des Droits des Enfants à Montréal.

24 avril 2006

Une touriste sans aucun doute!

Réveil matinal, à 6h, heure locale. Mes colocataires, dixit le mot à coté du téléphone, ne se lèvent qu’à 8h. Très gentiment, Catherine m’a laissé son ordinateur dans ma chambre, je pianote donc quelques e mails, pour patienter. L’heure tant attendue arrive et je fais donc la rencontre de mes colocs. Le premier contact est très chaleureux, je ne suis pas surprise car les mails et les attentions à mon arrivée laissaient entrevoir et pressentir une gentillesse certaine.
Ils, c’est à dire Catherine (une jolie petite femme brune de 30 ans, pétillante aux origines amérindiennes) et son copain, Simon (27 ans, l’air dans la lune mais très sociable et amusant malgré lui), dont elle porte l’enfant depuis trois mois, travaillent dans le milieu culturel, ils font des courts métrages.

Catherine et Simon

Elle est chargée de communication pour un festival, il travaille actuellement avec des SDF à qui il apprend à filmer, tout en faisant de la musique à coté. On fait rapidement connaissance autour d’un petit déjeuner local, notamment de la bouillie au sirop d’érable, je découvre le journal du coin, la Presse, déposé sur le pas de la porte tous les matins. Je suis un peu surprise de lire des articles sur le CPE en France, la suite de mon aventure me confirmera que le Québec porte beaucoup d’intérêt à nos actualités, beaucoup plus que nous à leur égard et ils se sentent vraiment comme nos cousins.

Je profite que Simon se rende au travail à pieds pour l’accompagner, et faire le tour du quartier en tentant de repérer le minimum vital, soit le chemin qui mène chez nous.
Facile, me dit il, que des rues parallèles et perpendiculaires, réparties autour de la Rue Saint Laurent, qui délimite l’est de l’ouest. Facile, tu repères la rue puis tu vois, selon ton bien sur parfait sens des points cardinaux, dans quelle direction tu vas. Facile. En fait les rues parcourent toute la ville, de long en large, ce qui fait que quand tu dois te rendre quelques part et que tu arrives dans la rue tu te dis ah bah c’est bon, alors que tu peux en avoir pour deux heures de marche pour arriver au bon numéro ! C’est traître, en plus une fois que ta rue est coupée par la fameuse rue St Laurent, et bah l’ordre des numéros change complètement ! Enfin tout ça je m’en suis rendue compte par la suite mais j’avais envie d’en parler ici !
Reprenons cette première matinée… On va boire un café, à emporter, comme dans les films américains, dans un gobelet avec un trou, qui garde au chaud, une sorte de verre pour bébé finalement, irrenversable. La banalité totale, l’extase pour moi. Simon ne pensait pas me faire un tel plaisir avec un petit café ! Café d’ailleurs excellent, vendeur sympa, avec Brassens en bruit de fond, pas trop dépaysée pour l’instant. A part le café à emporter !! Pourquoi on n’en a pas d’ailleurs ? C’est tout bête mais tellement pratique de siroter un café chaud le temps d’une ballade ?

Ensuite, je me suis encore un peu ridiculisée en croyant avoir aperçu quelques chose de rare : un écureuil dans un arbre. Erreur, il y en a partout. Il me le fait gentiment remarquer, on ne m’y prendra plus !

Je termine mon après midi a découvrir les rues, à l’aveugle sans nul autre objectif que de cerner cette ville et rencontrer des gens. L’occasion m’en est offerte devant la faculté UQAM où je discute un moment, en plein soleil avec un québécois de Québec venu assister à un séminaire sur les effets des changements climatiques. On débat, échange nos points de vue et nos clichés sur nos pays respectifs. On parle politique, CPE, musique… Il regrette que les importations musicales canadiennes ne soient représentatives de leur culture, et que ces produits commerciaux ne sont pas ce qu’il faut retenir du Québec. Je note, sur ses conseils, quelques artistes que je prendrai le temps de découvrir au fil de ces trois mois.
On se promène dans l’impressionnant campus, c’est la semaine du tourisme, il y a des concerts. Les discussions s’engagent très facilement, toute personne rencontrée me souhaite la bienvenue d’une façon sincère.
Je continue ma route, m’égare un peu et demande mon chemin à une fille qui m’accompagnera finalement jusqu’au pas de ma porte ce qui représente quand même une heure de marche au cours de laquelle on a pu bavarder (mais elle était un peu spéciale, elle m’a traîné dans une boutique ésotérique, me parlait de destin etc du coup elle m’a fait un peu peur et je ne l’ai plus jamais recontactée contrairement à ce que je lui avais dit !).
Je rentre et ressors illico suite à un e mail d’une connaissance lyonnaise, Samuel, me proposant d’aller boire une bière à Mont Royal, le quartier festif de la ville à dix minutes de chez moi. Je suis un peu fatiguée de ma journée de vadrouille mais accepte cette belle occasion d’apprendre sur la vie ici. Il me donne des conseils d’expatrié : les banques au meilleur taux de change, les bars ou les bières sont à 1$…
Je passe ma première vraie soirée seule, mes colocataires travaillant ailleurs mais j’en profite pour me coucher tôt assez affaiblie par le décalage horaire et les émotions de ce premier jour.