Sur ce blog seront contées mes aventures au Quebec pendant trois mois, y compris mon stage de validation de masterII à l'Institut des droits de l'Homme de Lyon, qui est le but de ce voyage et qui se déroule au Bureau International des Droits des Enfants à Montréal.

24 avril 2006

Un stage de princesse et un week end à Ottawa

Le stage

Après avoir passé la soirée à raconter mon séjour à mes colocataires, finalement contente de les retrouver et de rentrer chez moi, je me lève pour me rendre sur les lieux de ce stage si attendu auquel je pense depuis octobre, date à laquelle j’ai postulé.
La rencontre avec mon maître de stage ne me surprend pas, sa gentillesse transparaissant à travers ses mails. Je découvre des locaux très bien décorés, très propres et spacieux, mon imaginaire ne s’attendait pas à un tel look de la part d’une ONG. Je rencontre brièvement les personnes de l’équipe présentes, dont quelques stagiaires qui semblent sympathiques. Il me parle du Bureau, ses actions, ses projets, et plus précisément mes missions durant ces trois mois, je suis satisfaite même si j’ai beaucoup d’informations à emmagasiner, car il part en vacances pour quinze jours et veut que je puisse être autonome les premiers temps. La participation financière à ma carte de transport et aux repas me ravit, les emplettes bostoniennes ayant un peu gelé mon budget !
Je déjeune rapidement avec des stagiaires puis repars chez moi, le cœur léger à l’annonce d’une bonne nouvelle : je ne travaillerai jamais le vendredi, ce qui me présage d’autres beaux week end d’aventures, perspective qui m’enchante !

Le vendredi soir, je suis allée à une soirée Kino, un mouvement qui présente les courts métrages, et auquel Catherine appartient, c’est d’ailleurs grâce à Kino qu’elle a pu se rendre en Europe, notamment au festival des courts métrages de Lyon, plusieurs fois. La soirée est très sympa, quelques très bon films le tout dans une ambiance festive avec une animatrice québécoise super drôle qui fait un véritable one woman show entre deux projections.
Le samedi, comme il fait très beau, je pars escalader le Mont Royal, montagne au milieu de la ville qui fait la fierté des habitants. D’ailleurs au début je l’appelais la colline (car s’en est une !!), mais ma coloc m’a conseillé de revoir mon vocabulaire si je voulais me faire des amis ici ! Bref, c’était assez haut finalement j’ai mis un bon moment à grimper au sommet mais ça m’a fait du bien un peu de nature car finalement depuis mon arrivée j’avais arpenté les rues mais j’étais en manque de verdure. Je me suis faite coursée par deux écureuils, qui se ruaient entre mes jambes, j’étais pas très rassurée, depuis que les québécois m’ont dit «pfff les écureuils c’est que des rats avec une grande queue », je les aime beaucoup moins qu’avant et j’avais donc hâte que ces rats cessent de me monter sur les pieds !
La vue du haut de l’immense montagne ( !) est super belle et vaut l’effort de l’escalade.

Le samedi soir, j’accompagne mes colocs à un festival de Contes auquel ils participent, le festival de bouche à oreille. Le principe : huit conteurs racontent des légendes urbaines du Québec, et simultanément des musiciens les accompagnent tandis que des courts métrages sont diffusés comme décors. Mais aucun des trois acteurs (musicien, conteur, vidéaste) n’a travaillé en concertation, et l’enjeu est que, au final, le résultat soit quand même harmonieux… Cath et Simon avaient chacun réalisé un court métrage, je suis donc allée les encourager, et puis c’était l’occasion d’entendre des légendes d’ici, soirée typique qui a satisfait ma soif d’en apprendre toujours plus sur ce pays d’accueil, que je commence à aimer chaque jour un peu plus, et dont, comme dans chaque histoire d’amour qui commence, je ne vois aucun défaut !
Le dimanche je suis allée avec des français (Cyril, le frère de Bérengère et ses colocs Gilles et Laetitia que je n’avais pas encore rencontrés), voir l’exposition de papillons au jardin botanique de la ville, y avait de monde mais de super belles orchidées et puis les papillons en liberté c’était vraiment joli aussi. L’occasion de tester le mode gros plan de mon nouvel appareil photo numérique dont je ne me lasse pas et qui m’accompagne partout !

Le lundi 10 avril débute ma première vraie semaine de stage. Je suis enthousiaste et j’ai hâte de me mettre au boulot, même si le réveil est un peu dur, je commençais justement à retrouver mon rythme de sommeil habituel… couche tard lève tard ! Juste quand les vacances prennent fin c’est quand même balaud !!!
Le vendredi d’avant, une stagiaire avait parlé d’une pièce de théâtre sur la traite, un des thèmes sur lequel le Bureau travaille. J’avais donc proposer d’y assister avec Catherine (une autre, pas ma coloc mais une collègue de travail) afin de faire un communiqué reliant cette pièce à nos actions, selon un angle d’approche original. Le lundi on est donc parties en voiture à Saint Hyacinthe, un village à une heure de Montréal, rencontrer le metteur en scène et directeur du théâtre Parminou qui fait des pièces engagées autour de thèmes de société ; puis assister à la fameuse pièce inter active qui était géniale ! On a mangé avec les comédiens, c’était marrant et puis surtout c’était pris sur mon temps de travail et je préfère aller au resto avec une troupe de théâtre que travailler seule dans un bureau !

Le reste de la semaine je prends mes marques au bureau, commence à m’organiser à planifier mes missions. Tous les matins le gars de la sécurité à l’entrée m’appelle Ocianna, ça le fait beaucoup rire ; moi sourire au début mais après 10 reprises… en même temps je vais devoir m’y faire je pense que ça va durer trois mois !! Ah oui parce qu’il faut un badge pour entrer dans nos locaux, et il vérifie à l’entrée car les mêmes bâtiments ou nous logeons, prêtés par les Sœurs grises (je frôle le fou rire à chaque fois qu’on me parle de ces sœurs grises, je sais pas pourquoi mais ce nom me fait penser à des souris de dessin animé qui seraient habillées en bonnes sœurs !!!) abritent aussi des femmes toxico en desintoxe et des femmes battues à l’étage du dessous…donc l’entrée est très contrôlée.
Jeudi, Catherine a eu sa première visite médicale qui a confirmé sa grossesse même s’il n’y avait aucun doute là dessus, et on décide donc de fêter ça le soir en allant manger ma première poutine chez Patati patata, un resto minuscule mais super bon, puis on a finit la soirée dans un bar sportif devant un match de Hockey décisif pour notre éventuelle participation aux séries ! Quel stress, même pour moi qui m’y suis mise à fond et suis les matchs avec autant d’attention qu’eux. Le Canadien, c’est vraiment une institution ici, tous les matins ya leur classement en première page des journaux… Bref, bonne petite soirée entre filles !

Fin de semaine de Pâques à Ottawa

A la fin de cette première semaine de stage, je décide de partir trois jours à Ottawa, mes colocs se rendant dans leurs familles pour Pâques, je trouvais ça dommage de rester seule à la maison et préfère donc en profiter pour une nouvelle excursion.
Je décolle en bus le vendredi matin, c’est rapide, deux heures, puis vraiment pratique le bus ici, tu n’as pas besoin d’acheter un ticket daté, t’y va quand tu veux, vive la liberté et l’improvisation !
Sur les conseils de Ludo, expatrié au Canada l’an dernier, j’ai réservé deux nuits dans une ancienne prison reconvertie en hôtel. Reconvertie mais intact, des cellules avec barreaux à la porte comme chambre, des portes avec codes partout… Etonnant, amusant mais à très petite dose ! Un peu effrayant quand même surtout la visite mémorable du couloir de la mort désert en pleine nuit avec une japonaise et une australienne, couloir sordide ou on est restées coincées quelques minutes avant de trouver une autre porte de sortie !!


Ottawa c’est très joli, surtout qu’une fois de plus, je suis vraiment chanceuse, il a fait un temps magnifique et ça joue beaucoup dans l’appréciation d’une ville.
J’ai visité le parlement,

fait un super musée à Hull, des civilisations, avec toute l’histoire passionnante des amérindiens, et celle du Canada enfin vraiment super musée pas du tout ennuyeux ! L’ambiance de la ville était sympa, plein de marchés, de gens dans les rues, des sculptures et des parcs partout, des galeries d’art… Sympa mais pas renversant, je reste pour l’instant fidèle à Boston mais je suis contente d’avoir visité la capitale de mon pays d’accueil.

La bibliothèque du Parlement